{"id":2742,"date":"2014-10-01T21:54:54","date_gmt":"2014-10-01T20:54:54","guid":{"rendered":"http:\/\/livre-europeen.eu\/new2014\/?p=2742"},"modified":"2019-02-13T13:10:12","modified_gmt":"2019-02-13T12:10:12","slug":"confiteor","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/livre-europeen.eu\/?p=2742","title":{"rendered":"Confiteor"},"content":{"rendered":"<h3>Jaume Cabr\u00e9<\/h3>\n<p><b>Informations g\u00e9n\u00e9rales<\/b><\/p>\n<p>784 pages<br \/>\nTraduit du catalan par Edmond Raillard<br \/>\n<i>Actes Sud<br \/>\n<\/i>Septembre 2013<\/p>\n<p><b>Biographie de l\u2019auteur<\/b><\/p>\n<p>N\u00e9 \u00e0 Barcelone en 1947, Jaume Cabr\u00e9 est l\u2019un des \u00e9crivains catalans les plus reconnus par la critique et les lecteurs, r\u00e9compens\u00e9 par le prix d\u2019honneur des Lettres catalanes en 2010.<br \/>\nLicenci\u00e9 en philologie catalane \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Barcelone, professeur certifi\u00e9 en dispense d&rsquo;activit\u00e9 et enseignant \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Lleida, l\u2019auteur a combin\u00e9 pendant de nombreuses ann\u00e9es l\u2019enseignement et l\u2019\u00e9criture (romans, essais, pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, sc\u00e9narii\u2026).<\/p>\n<p>En 2013, son roman <i>Confiteor <\/i>a re\u00e7u le Prix Courrier international du meilleur roman \u00e9tranger.<\/p>\n<p><b>Pr\u00e9sentation de l\u2019\u00e9diteur<\/b><\/p>\n<p>Barcelone ann\u00e9es cinquante, le jeune Adri\u00e0 grandit dans un vaste appartement ombreux, entre un p\u00e8re qui veut faire de lui un humaniste polyglotte et une m\u00e8re qui le destine \u00e0 une carri\u00e8re de violoniste virtuose. Brillant, solitaire et docile, le gar\u00e7on essaie de satisfaire au mieux les ambitions d\u00e9mesur\u00e9es dont il est d\u00e9positaire, jusqu\u2019au jour o\u00f9 il entrevoit la provenance douteuse de la fortune familiale, issue d\u2019un magasin d\u2019antiquit\u00e9s extorqu\u00e9es sans vergogne. Un demi-si\u00e8cle plus tard, juste avant que sa m\u00e9moire ne l\u2019abandonne, Adri\u00e0 tente de mettre en forme l\u2019histoire familiale dont un violon d\u2019exception, une m\u00e9daille et un linge de table souill\u00e9 constituent les tragiques embl\u00e8mes. De fait, la r\u00e9v\u00e9lation progressive ressaisit la funeste histoire europ\u00e9enne et plonge ses racines aux sources du mal. De l\u2019Inquisition \u00e0 la dictature espagnole et \u00e0 l\u2019Allemagne nazie, d\u2019Anvers \u00e0 la Cit\u00e9 du Vatican, vies et destins se r\u00e9pondent pour converger vers Auschwitz-Birkenau, \u00e9picentre de l\u2019abjection totale.<\/p>\n<p><i>Confiteor <\/i>d\u00e9fie les lois de la narration pour ordonner un chaos magistral et emplir de musique une cath\u00e9drale profane. Sara, la femme tant aim\u00e9e, est la destinataire de cet immense r\u00e9cit relay\u00e9 par Bernat, l\u2019ami envi\u00e9 et envieux dont la pr\u00e9sence \u00e9claire jusqu\u2019\u00e0 l\u2019instant o\u00f9 s\u2019an\u00e9antit toute conscience. Alors le lecteur peut embrasser l\u2019itin\u00e9raire d\u2019un enfant sans amour, puis l\u2019affliction d\u2019un adulte sans dieu, aux prises avec le Mal souverain qui, \u00e0 travers les si\u00e8cles, d\u00e9pose en chacun la possibilit\u00e9 de l\u2019inhumain \u2013 \u00e0 quoi r\u00e9pond ici la soif de beaut\u00e9, de connaissance et de pardon, seuls viatiques, peut-\u00eatre, pour r\u00e9cuser si peu que ce soit l\u2019enfer sur la terre.<\/p>\n<p><b>Extraits<\/b><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ce n\u2019est qu\u2019hier soir, alors que je marchais dans les rues tremp\u00e9es de Vallcarca, que j\u2019ai compris que na\u00eetre dans cette famille avait \u00e9t\u00e9 une erreur impardonnable. Tout \u00e0 coup, j\u2019ai vu clairement que j\u2019avais toujours \u00e9t\u00e9 seul, que je n\u2019avais jamais pu compter sur mes parents ni sur un Dieu \u00e0 qui confier la recherche de solutions, m\u00eame si, au fur et \u00e0 mesure que je grandissais, j\u2019avais pris l\u2019habitude de faire assumer par des croyances impr\u00e9cises et des lectures tr\u00e8s vari\u00e9es le poids de ma pens\u00e9e et la responsabilit\u00e9 de mes actes. Hier, mardi soir, en revenant de chez Dalmau, tout en recevant l\u2019averse, je suis arriv\u00e9 \u00e0 la conclusion que cette charge m\u2019incombe \u00e0 moi seul. Et que mes succ\u00e8s et mes erreurs sont de ma responsabilit\u00e9, de ma seule responsabilit\u00e9. Il m\u2019a fallu soixante ans pour voir \u00e7a. J\u2019esp\u00e8re que tu me comprendras et que tu sauras voir que je me sens d\u00e9sempar\u00e9, seul, et que tu me manques absolument. Malgr\u00e9 la distance qui nous s\u00e9pare, tu me sers d\u2019exemple. Malgr\u00e9 la panique, je n\u2019accepte plus de planche pour me maintenir \u00e0 flot. Malgr\u00e9 certaines insinuations, je demeure sans croyances, sans pr\u00eatres, sans codes consensuels, pour m\u2019aplanir le terrain vers je ne sais o\u00f9. Je me sens vieux et la dame \u00e0 la faux m\u2019invite \u00e0 la suivre. Je vois qu\u2019elle a boug\u00e9 le fou noir et qu\u2019elle m\u2019invite d\u2019un geste courtois, \u00e0 poursuivre la partie. Elle sait que je n\u2019ai pas beaucoup de pions. Malgr\u00e9 tout, ce n\u2019est pas encore le lendemain et je regarde quelle pi\u00e8ce je peux jouer. Je suis seul devant le papier, ma derni\u00e8re chance.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>p.13<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0&#8211; Je suis devenu collectionneur. Il pr\u00e9cisa\u00a0: Je suis collectionneur.<\/p>\n<p>&#8211; Collectionneur de quoi\u00a0?<\/p>\n<p>&#8211; Collectionneur. \u2013 Il ouvrit les bras comme saint Dominique quand il pr\u00eachait en chaire\u00a0: Je cherche de belles choses.<\/p>\n<p>Le p\u00e8re Morlin avait des informations, et comment. S\u2019il y avait une personne au monde capable de tout savoir presque sans bouger de Santa Sabina, c\u2019\u00e9tait le p\u00e8re F\u00e9lix Morlin, ami de ses amis et, \u00e0 ce qu\u2019on disait, dangereux pour ceux qui le d\u00e9laissaient. Ardevole \u00e9tait un ami, si bien qu\u2019ils ne tard\u00e8rent gu\u00e8re \u00e0 tomber d\u2019accord. Auparavant, F\u00e8lix d\u2019Ard\u00e8vol dut supporter un sermon sur l\u2019\u00e9poque troubl\u00e9e que nous devons vivre et que personne ne souhaite, et pour ne pas d\u00e9cevoir son ami il soulignait ses paroles d\u2019un tu as bien raison, et si on les observait de loin ils avaient l\u2019air de d\u00e9biter les pri\u00e8res du rosaire. Et l\u2019\u00e9poque troubl\u00e9e que vivait l\u2019Europe commen\u00e7ait \u00e0 obliger bien des gens \u00e0 regarder du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Am\u00e9rique et, gr\u00e2ce au p\u00e8re Morlin, F\u00e8lix Ard\u00e8vol passa quelques mois \u00e0 voyager \u00e0 travers l\u2019Europe avant l\u2019incendie, t\u00e2chant de sauver les meubles d\u2019un probable tremblement de terre. Le premier contact, ce fut au Tiefer Graben, dans l\u2019Innere Stadt de Vienne. C\u2019\u00e9tait une tr\u00e8s jolie maison, pas tr\u00e8s large mais certainement tr\u00e8s profonde. Il appuya sur la sonnette et sourit d\u2019un air avenant \u00e0 la dame qui lui avait ouvert la porte avec un brin de m\u00e9fiance. Au cours de ce premier contact, il put acheter tout le mobilier de la maison et, apr\u00e8s avoir mis de c\u00f4t\u00e9 les cinq objets qui avaient le plus de valeur, il revendit le reste le double de ce qu\u2019il avait pay\u00e9, sans quitter Vienne, presque sans franchir le Ring. Un succ\u00e8s aussi spectaculaire aurait pu le griser, mais F\u00e8lix Ard\u00e8vol \u00e9tait un homme non seulement intelligent mais astucieux. Par cons\u00e9quent, il agit avec prudence. A Nuremberg, il acheta une collection de tableaux du dix-septi\u00e8me et du dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle\u00a0: deux Fragonard, un Watteau \u00e9vanescent et trois Rigaud. Et j\u2019imagine, le Mignon aux gard\u00e9nias jaunes, qu\u2019il s\u00e9para du reste. C\u2019est \u00e0 Pontegradella, pr\u00e8s de Ferrare, qu\u2019il eut pour la premi\u00e8re fois entre les mains un instrument de musique de valeur. C\u2019\u00e9tait une viole faite par Nicola Galliano, de Naples. Tandis qu\u2019il se demandait s\u2019il devait l\u2019acheter, il regretta m\u00eame de ne pas avoir appris \u00e0 jouer ce genre d\u2019instruments. [\u2026] Un Galliano. Le signor Arrau lui dit que, bien que les instruments ne fussent pas sa sp\u00e9cialit\u00e9, il conjecturait qu\u2019il pourrait en tirer trois fois plus s\u2019il faisait courir discr\u00e8tement le bruit et s\u2019il n\u2019\u00e9tait pas press\u00e9 de vendre. Et que s\u2019il voulait, il lui pr\u00e9senterait un compatriote, le signor Berenguer, un jeune talent qui avait appris \u00e0 faire des estimations avec une pr\u00e9cision extraordinaire et qui, lorsque la guerre d\u2019Espagne serait finie, car il faudrait bien qu\u2019elle finisse un jour ou l\u2019autre, avait l\u2019intention de rentrer chez lui.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>p.247-248<\/p>\n<p><b>Critiques<\/b><\/p>\n<p>\u00ab A la mani\u00e8re d&rsquo;un <i>Outremonde <\/i>de Don DeLillo \u00e0 la sauce europ\u00e9enne, <i>Confiteor<\/i> est une admirable m\u00e9ditation morale et m\u00e9taphysique, une g\u00e9niale n\u00e9buleuse d&rsquo;histoires qui fait s&rsquo;entrecroiser un nombre sid\u00e9rant d&rsquo;intrigues \u00e0 travers de l&rsquo;espace et le temps..\u00a0 \u00bb<b> <\/b>Baptiste Liger, <b>Lire<\/b><\/p>\n<p>\u00ab Confiteor, le livre qui intimide mais dont on ne sort pas. Un livre organis\u00e9 \u00e0 la perfection sous les couches du temps\u2026 Confiteor est un roman sournois, intelligent, on en sort effar\u00e9 d&rsquo;avoir connu, une fois dans sa vie, une telle exp\u00e9rience de lecture\u2026\u00a0 \u00bb\u00a0 Pierre Maury, <b>Le Soir<\/b><\/p>\n<p>\u00ab Une cath\u00e9drale ? Mieux, une symphonie, aussi chaotique que fluide, aussi barbare que sophistiqu\u00e9e, aussi intelligente que sensuelle. Avec <i>Confiteor<\/i>, autrement dit \u00ab\u00a0j&rsquo;avoue\u00a0\u00bb, le catalan Jaume Cabr\u00e9 signe avec cette lettre d&rsquo;aveu de 800 pages, le roman monstre de la rentr\u00e9e.\u00a0 \u00bb<\/p>\n<p>Christophe Ono-dit-Biot, <b>Le Point<\/b><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Au lecteur si respect\u00e9, tutoy\u00e9, vouvoy\u00e9 ou t\u00e9l\u00e9pathiquement invoqu\u00e9, dont la concentration est requise et r\u00e9compens\u00e9e \u00e0 chaque instant : pour se permettre de passer avec une telle dext\u00e9rit\u00e9 (au sein m\u00eame d&rsquo;une seule phrase, parfois !) d&rsquo;une \u00e9poque \u00e0 l&rsquo;autre, d&rsquo;un r\u00e9cit \u00e0 l&rsquo;autre, il faut une complicit\u00e9 litt\u00e9raire forte avec les yeux qui vous parcourent, et Jaume Cabr\u00e9 la cr\u00e9e sans tapage, faisant jaillir en soi ce qu&rsquo;il y a de plus lumineux et de plus perspicace\u2026. Une belle d\u00e9finition de<i>\u00a0Confiteor<\/i>, roman in\u00e9puisable de presque huit cents pages, qui donne l&rsquo;enivrante impression, comme le confesse son h\u00e9ros \u00e0 la fin de sa vie, de n&rsquo;avoir pas dit la moiti\u00e9 de ce qu&rsquo;il avait en t\u00eate.\u00a0\u00a0\u00bb<br \/>\nMarine Landrot,\u00a0<b>T\u00e9l\u00e9rama<\/b><i>, <\/i>07\/09\/2013<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jaume Cabr\u00e9 &#8211; Espagne<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[313],"tags":[],"genre":[459],"annees":[469],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2742"}],"collection":[{"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2742"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2742\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3396,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2742\/revisions\/3396"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2742"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2742"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2742"},{"taxonomy":"genre","embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fgenre&post=2742"},{"taxonomy":"annees","embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fannees&post=2742"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}