{"id":2740,"date":"2014-10-01T21:54:05","date_gmt":"2014-10-01T20:54:05","guid":{"rendered":"http:\/\/livre-europeen.eu\/new2014\/?p=2740"},"modified":"2019-02-13T13:10:12","modified_gmt":"2019-02-13T12:10:12","slug":"oublier-trahir-puis-disparaitre","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/livre-europeen.eu\/?p=2740","title":{"rendered":"Oublier trahir puis disparaitre"},"content":{"rendered":"<h3>Camille de Toledo<\/h3>\n<p><b>Informations g\u00e9n\u00e9rales<\/b><\/p>\n<p>224 pages<br \/>\n<i>Editions Seuil<br \/>\n<\/i>Janvier 2014<\/p>\n<p><b>Biographie de l\u2019auteur<\/b><\/p>\n<p><b>Camille de Toledo<\/b> est n\u00e9 \u00e0 Lyon. Il s&rsquo;est fait conna\u00eetre par la parution en 2002 d\u2019<i>Archimondain, jolipunk <\/i>(Calmann-L\u00e9vy), Il a publi\u00e9 dans la m\u00eame collection, <i>Le H\u00eatre et le Bouleau. Essai sur la tristesse europ\u00e9enne<\/i> (2009) et <i>Vies potentielles<\/i> (2011). Sous d&rsquo;autres noms, Alexis Mital, Oscar Philipsen, il est \u00e9galement r\u00e9alisateur et musicien.<\/p>\n<p><b>Pr\u00e9sentation de l\u2019\u00e9diteur<\/b><\/p>\n<p>L&rsquo;histoire d&rsquo;une travers\u00e9e par un des grands artistes de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration<\/p>\n<p>Dans un train, un homme et un enfant traversent l&rsquo;Europe. Le train les m\u00e8ne d&rsquo;un si\u00e8cle \u00e0 l&rsquo;autre. Le XXe si\u00e8cle derri\u00e8re, le XXIe si\u00e8cle devant. Dehors, d\u00e9filent plaines, for\u00eats, champs, villes et rivi\u00e8res qui bient\u00f4t auront chang\u00e9 de nom. L&rsquo;homme et l&rsquo;enfant ne parlent pas la m\u00eame langue. Quelle histoire les relie ? Le long des rails : des valises ouvertes, des habits \u00e9parpill\u00e9s&#8230; Ce n&rsquo;est pourtant ni la guerre ni l&rsquo;exil qui sont la cause d&rsquo;un tel endettement. Entre les rang\u00e9es du wagon, s&rsquo;avance le Semeur : celui qui a la charge de d\u00e9livrer les passagers de leurs vies pass\u00e9es. Il balance ce qu&rsquo;il trouve : sacs, habits, petits souvenirs emport\u00e9s \u00e0 l&rsquo;heure du d\u00e9part. Le tout ach\u00e8ve sa course, sur les pierres, le long des ballasts, dans la poussi\u00e8re&#8230;<br \/>\nOublier, trahir, puis dispara\u00eetre est un conte du XXIe si\u00e8cle, o\u00f9 le lecteur d\u00e9couvre petit \u00e0 petit le sens du voyage : une travers\u00e9e o\u00f9 un homme d&rsquo;\u00e2ge m\u00fbr cherche \u00e0 transmettre, plut\u00f4t qu&rsquo;une m\u00e9moire, l&rsquo;\u00e9nergie de l&rsquo;oubli et des m\u00e9tamorphoses.<\/p>\n<p><b>Extraits<br \/>\n<\/b><\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0L\u2019Europe a interdit la guerre, Elias, puis elle a interdit la mort.<\/i><\/p>\n<p><i>C\u2019est pour ca qu\u2019ils sont l\u00e0, si vieux, dans ce voyage.<\/i><\/p>\n<p><i>Ils profitent de ce qui leur reste d\u2019argent, d\u2019\u00e9pargne, d\u2019assurance pour importer des jeunes filles fra\u00eeches aux yeux doux afin e leur d\u00e9l\u00e9guer la t\u00e2che de les nettoyer, de les bercer, alors qu\u2019ils perdent, petit \u00e0 petit, la sensation de vivre.<\/i><\/p>\n<p><i>C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 elles, gr\u00e2ce aux jeunes filles graciles d\u2019Asie qu\u2019ils ne meurent plus. Ca te fait rire, Elias, car je dis o\u00efshroh\u00fbm, les obsolescents\u00a0\u00bb p.51<\/i><\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0J\u2019ai \u00e9t\u00e9 atteint, Elias, par cette maladie de l\u2019Europe.<\/i><\/p>\n<p><i>Ni attir\u00e9 par les \u00e9pop\u00e9es macabres du vingti\u00e8me si\u00e8cle, je veux dire, ce qu\u2019elle pouvait encore inspirer comme fiction, ni apte \u00e0 \u00e9crire des noms tels que Batman, Superman ou Godzilla \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Primo Levi ou Imre Kert\u00e9sz, je peinais \u00e0 \u00eatre dans mon temps. Pas assez cynique pour complaire aux anciens en \u00e9crivant une \u00e9pop\u00e9e de l\u2019absence, pas assez impudique pour \u00e9voquer le destin de mes anc\u00eatres ou de mes disparus, mais incapable de partager le ricanement citationnel, la complicit\u00e9 kitsch, la postmodernit\u00e9 outranci\u00e8re de mon \u00e9poque, je n\u2019avais pas de terre, pas de langue, pas de pays, pas de pass\u00e9. O\u00f9 \u00e9crire, Elias, \u00e9tait ma question et elle devenait obs\u00e9dante, car il y en avait tant d\u2019autres dissimul\u00e9es derri\u00e8re elle\u00a0: O\u00f9 vivre\u00a0? Comment quitter son temps\u00a0?\u00a0\u00bb p.90<\/i><\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0 Chez les \u00e9crivains, comme chez les bourgeois, on tend \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer ce qui demeure\u00a0: la langue, l\u2019argent, ce sont de vieux plis, une m\u00eame passion de ce qui se transmet. Mais il en va de l\u2019argent comme de la langue. Si les vieux plis ne sont pas brusqu\u00e9s, tout finit dans la poussi\u00e8re.<\/i><\/p>\n<p><i>Les services \u00e0 th\u00e9, les parquets centenaires, les broderies hongroises, ce sont des formes cristallis\u00e9es du temps qui ne valent plus rien. Et la langue, ma langue, en devoir de servir, elle aussi meurt d\u2019\u00eatre conserv\u00e9e, comme l\u2019argent, comme la m\u00e9moire.\u00a0\u00bb p.109\u00a0<\/i><\/p>\n<p><b>Critiques<\/b><\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0En lisant le conte en vers libres de Camille de Toledo, on pense \u00e0 la petite Jehanne de France du Transsib\u00e9rien de Cendrars, que le po\u00e8te faisait voyager en 1913 et qui ressassait son inqui\u00e9tude lorsqu&rsquo;elle traversait ces plaines qui bient\u00f4t exploseront : \u00abDis, Blaise, sommes-nous bien loin de l&rsquo;Europe ?\u00bb Les trains n&rsquo;ont ensuite pas cess\u00e9 de traverser l&rsquo;Europe, d&rsquo;en symboliser et d&rsquo;en dater les trag\u00e9dies. Et Camille de Toledo esp\u00e8re rompre avec cette histoire du XXe si\u00e8cle de la coupure et de culpabilit\u00e9, si\u00e8cle qui ne veut pas mourir obs\u00e9d\u00e9 par sa propre fin&#8230;<\/i><\/p>\n<p><i>S&rsquo;il entrem\u00eale encore essai et fiction, roman et po\u00e9sie, Camille de Toledo resserre ici la forme dans un texte qui a la puissance d&rsquo;\u00e9vocation m\u00e9taphorique du conte et l&rsquo;\u00e9paisseur complexe du mythe, et dont il faudrait explorer une \u00e0 une les strates fascinantes.\u00a0\u00bb<\/i><b> <\/b>Victor Pouchet,<b> Le Magazine Litt\u00e9raire<\/b>, f\u00e9vrier 2014<\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0<\/i>Oublier, trahir puis dispara\u00eetre<i> est travers\u00e9 d&rsquo;intuitions fulgurantes, assemblant en un tableau saisissant les images de ce si\u00e8cle inf\u00e2me: les valises ouvertes des prisonniers, les corps sem\u00e9s, le pont, et l&rsquo;ic\u00f4ne muette de Bruce Lee. Que fera Elias, qui parle une langue inconnue, de cette table rase ? Peut-on rompre la transmission d&rsquo;un pass\u00e9 empoisonn\u00e9 ? Un conte dans le conte sugg\u00e8re une r\u00e9ponse.\u00a0\u00bb<\/i><b> <\/b><br \/>\nAlain Nicolas, <b>L&rsquo;Humanit\u00e9<\/b>, 23\/01\/2014<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Camille de Toledo &#8211; France<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3398,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[313],"tags":[],"genre":[459],"annees":[469],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2740"}],"collection":[{"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2740"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2740\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3399,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2740\/revisions\/3399"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3398"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2740"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2740"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2740"},{"taxonomy":"genre","embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fgenre&post=2740"},{"taxonomy":"annees","embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fannees&post=2740"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}