{"id":2726,"date":"2014-10-01T21:51:34","date_gmt":"2014-10-01T20:51:34","guid":{"rendered":"http:\/\/livre-europeen.eu\/new2014\/?p=2726"},"modified":"2019-02-13T13:10:15","modified_gmt":"2019-02-13T12:10:15","slug":"double-exil","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/livre-europeen.eu\/?p=2726","title":{"rendered":"Double exil"},"content":{"rendered":"<h3>Yannis Kiourtsakis<\/h3>\n<p><b>Informations g\u00e9n\u00e9rales<\/b><\/p>\n<p>336 pages<br \/>\n<i>Editions Verdier<br \/>\n<\/i>Janvier 2014<\/p>\n<p><b>Biographie de l\u2019auteur<\/b><\/p>\n<p><b>Yannis Kiourtsakis<\/b>, n\u00e9 \u00e0 Ath\u00e8nes en 1941, est essayiste, romancier et traducteur. Ses livres autobiographiques lui ont valu d&rsquo;\u00eatre reconnu comme l&rsquo;un des auteurs grecs les plus marquants de notre temps.<\/p>\n<p><b>Pr\u00e9sentation de l\u2019\u00e9diteur<\/b><\/p>\n<p>Dans <i>Double exil<\/i>, Yannis Kiourtsakis &#8211; comme son fr\u00e8re dont le destin tragique est au centre de son premier roman <i>Le Dic\u00f4lon<\/i> &#8211; quitte la Gr\u00e8ce pour venir \u00e9tudier \u00ab\u00a0en Europe\u00a0\u00bb. Il choisit Paris et la facult\u00e9 de droit; il y rencontre une Fran\u00e7aise, Gis\u00e8le, qui deviendra sa femme. Le roman les accompagne \u00e0 travers les ann\u00e9es sombres de la dictature des colonels (1967-1974), puis aux premiers temps du retour \u00e0 la d\u00e9mocratie.<br \/>\nSi l&rsquo;exil est double, pour le h\u00e9ros de ce livre, c&rsquo;est qu&rsquo;il se d\u00e9couvre deux patries (la France et la Gr\u00e8ce) sans appartenir pleinement \u00e0 l&rsquo;une ni \u00e0 l&rsquo;autre, en m\u00eame temps qu&rsquo;il se sent \u00e9tranger \u00e0 son \u00e9poque. Mais l&rsquo;\u00e9criture op\u00e8re chez le romancier une m\u00e9tamorphose qui, pour finir, fera de lui un \u00e9crivain grec, trouvant dans la culture populaire de son pays un moyen de se comprendre. La qu\u00eate d&rsquo;identit\u00e9 qui forme le fil conducteur de cette magistrale autobiographie aboutit alors \u00e0 ce constat : \u00ab\u00a0Il faut que nous apprenions un jour \u00e0 dire nous-les-autres, puisque les autres ne cessent de nous habiter et de nous transformer.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><b>Extraits<br \/>\n<\/b><i>\u00ab\u00a0Bien s\u00fbr, quand il a pris la d\u00e9cision de revenir ici, il savait qu\u2019il retrouverait cette nostalgie paralysante qui an\u00e9antit toutes ses forces. Pourtant, ce qu\u2019il ressent maintenant, c\u2019est plus que de la nostalgie\u00a0: c\u2019est le sentiment enti\u00e8rement nouveau de porter en lui un pays \u00e0 genoux\u00a0; une sorte de culpabilit\u00e9 ou de remords, qui le poursuit jour et nuit. Il revoit le visage parchemin\u00e9, tourment\u00e9 de Mitsos, ce vieux communiste dont il a fait la connaissance \u00e0 Skyros, dans une ferme au-dessus des eaux bleues de la plage de Pefko\u00a0; il l\u2019entend \u00e9voquer les ann\u00e9es de guerre civile, quand il \u00e9tait lui aussi exil\u00e9, \u00e0 Yaros\u00a0: \u00ab\u00a0Rendez-vous compte\u00a0: une vie pleine de luttes, d\u2019exils, de prisons\u00a0\u00bb, leur disait-il avec de l\u2019amertume dans la voix\u00a0; \u00ab\u00a0Et tout \u00e7a pour quoi\u00a0? Pour avoir aujourd\u2019hui la junte et pour voir rouvrir le camp de Yaros\u00a0!\u00a0\u00bb Que r\u00e9pondre \u00e0 un tel homme\u00a0? Et que dire de ceux qui s\u2019engagent maintenant dans le combat\u00a0?\u00a0\u00bb\u00a0 p.187<\/i><\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0Il le voit \u00e0 pr\u00e9sent\u00a0: si depuis ce terrible matin du 21 avril, il se sent exil\u00e9 o\u00f9 qu\u2019il aille, ce n\u2019est que parce qu\u2019il est d\u00e9j\u00e0 partout en exil sans le savoir \u2013 la dictature n\u2019a \u00e9t\u00e9 que la catalyseur qui le lui a r\u00e9v\u00e9l\u00e9\u00a0; mais son exil avait commenc\u00e9 bien avant et ses racines ne se trouvaient pas seulement en lui , mais aussi dans ce monde o\u00f9 il s\u2019effor\u00e7ait vainement de trouver sa place, quand il errait en France comme quand il revenait en Gr\u00e8ce\u2026\u00a0\u00bb p.275<\/i><\/p>\n<p><b>Critiques<\/b><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Avec\u00a0<i>Le Dic\u00f4lon<\/i>\u00a0(Verdier, 2011), le public fran\u00e7ais avait d\u00e9couvert une voix nouvelle dans le ch\u0153ur de la litt\u00e9rature grecque. Yannis Kiourtsakis, n\u00e9 \u00e0 Ath\u00e8nes en 1941 et auteur de nombreux essais sur le folklore et la langue de son pays, revient aujourd\u2019hui avec\u00a0<i>Double exil.<\/i>\u00a0C\u2019est la p\u00e9riode des Colonels (1967-1974). Le h\u00e9ros de ce livre a quitt\u00e9 la Gr\u00e8ce pour aller \u00e9tudier \u00e0 Paris, et il a atterri dans une chambre de service au 5e\u00a0\u00e9tage d\u2019un vieil immeuble de la rue de Valenciennes. L\u00e0, il r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 la dictature, au \u00ab\u00a0syst\u00e8me qui fait de nous des machines et des num\u00e9ros et qui tue la vie\u00a0\u00bb. Il fume beaucoup, cherche un sujet pour une th\u00e8se de droit qu\u2019il n\u2019a plus envie de faire, \u00e9coute des 45-tours de Tsitsanis sur un vieux pick-up et, au milieu de ce d\u00e9s\u0153uvrement, se pose mille questions sur son avenir. Heureusement, il est fou amoureux de Gis\u00e8le, une belle Fran\u00e7aise \u00e9tudiante \u00e0 la Sorbonne, dont l\u2019amour le pousse \u00e0 \u00e9crire et \u00e9claire son exil. Et si ce dernier est double, c\u2019est que ce jeune homme finira par se d\u00e9couvrir deux patries, la France et la Gr\u00e8ce, mais qu\u2019il n\u2019aura jamais le sentiment d\u2019appartenir pleinement \u00e0 l\u2019une ni \u00e0 l\u2019autre. Servie par une prose fluide, cette autobiographie est aussi une chronique des ann\u00e9es sombres de la Gr\u00e8ce. Une qu\u00eate d\u2019identit\u00e9 qui n\u2019est pas seulement celle du narrateur, mais celle de l\u2019Europe tout enti\u00e8re.\u00a0\u00bb <i>\u00a0<\/i><\/p>\n<p>Florence Noiville<i>, <\/i><b>Le Monde des livres<\/b><i>,<\/i>\u00a0 24\/01\/2014<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Yannis Kiourtsakis &#8211; Gr\u00eace<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3407,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[313],"tags":[],"genre":[459],"annees":[469],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2726"}],"collection":[{"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2726"}],"version-history":[{"count":4,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2726\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3409,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2726\/revisions\/3409"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3407"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2726"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2726"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2726"},{"taxonomy":"genre","embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fgenre&post=2726"},{"taxonomy":"annees","embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fannees&post=2726"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}