{"id":2718,"date":"2014-10-01T21:50:07","date_gmt":"2014-10-01T20:50:07","guid":{"rendered":"http:\/\/livre-europeen.eu\/new2014\/?p=2718"},"modified":"2019-02-13T13:10:15","modified_gmt":"2019-02-13T12:10:15","slug":"les-passions-de-lame","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/livre-europeen.eu\/?p=2718","title":{"rendered":"Les passions de l\u2019\u00e2me"},"content":{"rendered":"<h3><b>Raffaele Simone<\/b><\/h3>\n<h3><b>I<\/b><b>nformations g\u00e9n\u00e9rales<\/b><\/h3>\n<p>415 pages<br \/>\ntraduit de l\u2019italien par Christophe Mileschi<br \/>\n<i>Arl\u00e9a<br \/>\n<\/i>Octobre 2013<\/p>\n<p><b><\/b><b>Biographie de l\u2019auteur<\/b><\/p>\n<p><b>Raffaele Simone<\/b> est linguiste, philosophe et essayiste. Ses deux derniers essais traduits en fran\u00e7ais, Pris dans la toile et Le Monstre doux, ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s chez Gallimard. Les Passions de l \u2019\u00e2me est son premier roman.<\/p>\n<p><b>Pr\u00e9sentation de l\u2019\u00e9diteur<\/b><\/p>\n<p>Ce roman relate les derniers mois de l\u2019existence de Ren\u00e9 Descartes. Invit\u00e9 \u00e0 Stockholm par la reine Christine de Su\u00e8de, \u00e0 l\u2019apog\u00e9e de sa gloire (son pays sort vainqueur de l\u2019interminable guerre de Trente Ans), le philosophe se lance dans un voyage \u00e9prouvant vers la Su\u00e8de, au seuil d\u2019un hiver terriblement rigoureux.<\/p>\n<p>Les premi\u00e8res rencontres avec la reine tournent mal. Descartes, peu rompu \u00e0 l\u2019art de la conversation mondaine et des frivolit\u00e9s de cour, s\u2019av\u00e8re maladroit et Christine se r\u00e9v\u00e8le changeante et capricieuse: Descartes n\u2019\u00e9tait qu\u2019une proie qui, une fois conquise, l\u2019ennuie aussit\u00f4t.<\/p>\n<p>En plusieurs mois, la reine ne lui accorde que quelques entretiens d\u00e9cevants, au cours desquels elle marque une totale indiff\u00e9rence aux id\u00e9es du penseur, pr\u00e9f\u00e9rant le pousser \u00e0 \u00e9crire une pi\u00e8ce en vers \u00e0 sa gloire ou pour participer (en tant que&#8230; danseur) \u00e0 un ballet o\u00f9 elle-m\u00eame tiendra l\u2019un des r\u00f4les principaux.<\/p>\n<p>La morosit\u00e9 et la solitude du s\u00e9jour de Descartes en Su\u00e8de sont heureusement agr\u00e9ment\u00e9es par les rencontres avec un peintre et po\u00e8te espagnol, l\u2019\u00e9nigmatique et s\u00e9duisant Machado, lui aussi convi\u00e9 \u00e0 la cour en pure perte.<\/p>\n<p><i>Les Passions de l\u2019\u00e2me<\/i>, formidable roman \u00e9pistolaire, entre- m\u00eale avec une d\u00e9licieuse habilet\u00e9 des textes authentiques (la correspondance de Descartes) ou apocryphes, m\u00ealant le vrai et le faux, le dit et le non-dit, dans un souffle magistral. L\u2019auteur \u00ab comble les lacunes \u00bb, comme il le dit lui-m\u00eame dans l\u2019avis au lecteur, et joue d\u2019une imagination \u00e9rudite, dessinant ainsi un portrait saisissant du philosophe et de sa pens\u00e9e en mouvement.<\/p>\n<p><b>Extraits<br \/>\n<\/b><i>\u00ab\u00a0II. Monsieur Descartes \u00e0 la Reine Christine<\/i><\/p>\n<p>La V\u00e9n\u00e9ration ou Respect est une inclination de l\u2019\u00e2me non seulement \u00e0 estimer l\u2019objet qu\u2019elle r\u00e9v\u00e8re, mais aussi \u00e0 se soumettre \u00e0 lui avec quelque crainte, pour t\u00e2cher de se le rendre favorable.<\/p>\n<p>Les passions de l\u2019\u00e2me,<i> article CLXII<\/i><\/p>\n<p><i>Egmond-Binnen, 26 f\u00e9vrier 1649<\/i><\/p>\n<p><i>Madame,<\/i><\/p>\n<p><i>S\u2019il arrivait qu\u2019une lettre me fut envoy\u00e9e du Ciel, et que je la visse descendre des nues, je ne serais pas davantage surpris, et ne la pourrait recevoir avec plus de respect et de v\u00e9n\u00e9ration que j\u2019en ai \u00e9prouv\u00e9 en recevant celle qu\u2019elle a plu \u00e0 votre Majest\u00e9 de m\u2019\u00e9crire. Mais je me reconnais si peu digne des remerciements qu\u2019elle contient que je ne les puis accepter que comme une faveur et une gr\u00e2ce, dont je demeure tellement redevable que je ne m\u2019en saurais jamais d\u00e9gager.<\/i><\/p>\n<p><i>L\u2019honneur que j\u2019avais auparavant re\u00e7u, d\u2019\u00eatre interrog\u00e9 de la part de Votre Majest\u00e9 par Monsieur Chaunut concernant le Souverain Bien, ne m\u2019avait d\u00e9j\u00e0 que trop pay\u00e9 de la r\u00e9ponse que j\u2019avais faite. Et depuis, ayant appris par lui que cette r\u00e9ponse avait \u00e9t\u00e9 favorablement re\u00e7ue, cela m\u2019avait si fort oblig\u00e9 que je ne pouvais pas esp\u00e9rer ni souhaiter rien de plus pour si peu de chose\u00a0; particuli\u00e8rement d\u2019une Princesse que Dieu a mise en si haut lieu, qui est environn\u00e9e de tant d\u2019affaires tr\u00e8s importantes, dont elle prend elle-m\u00eame les soins, et de qui les moindres actions peuvent tant pour le bien g\u00e9n\u00e9ral de toute la terre, que tous ceux qui aiment la vertu se doivent estimer tr\u00e8s heureux d\u00e8s lors qu\u2019ils peuvent avoir l\u2019occasion de lui rendre quelque service. Et pour ce que je fais particuli\u00e8rement profession d\u2019\u00eatre de ce nombre, j\u2019ose ici protester \u00e0 Votre Majest\u00e9 qu\u2019elle ne saurait rien me commander de si difficile, que je ne sois toujours pr\u00eat \u00e0 faire tout mon possible pour l\u2019ex\u00e9cuter\u00a0; et que si j\u2019\u00e9tais n\u00e9 Su\u00e9dois ou Finlandais, je ne pourrais \u00eatre, avec plus de z\u00e8le, ni plus parfaitement que je le suis, etc.\u00a0\u00bb p.12-13<\/i><\/p>\n<p><i>\u00abJournal de Monsieur Descartes<\/i><\/p>\n<p><i>Ici aussi, \u00e0 Stockholm, je suis entour\u00e9 de gens qui me veulent portraiturer. Machado dit souvent qu\u2019il me voudrait mettre en pose, encore qu\u2019il soit trop pris par sa recherche de sujets pour la peinture de la Maison Chanut pour s\u2019occuper vraiment de ce projet. L\u2019autre jour est venu me rendre visite David Beck de Delft, le peintre de cour, que la Reine envoyait me demander si je voulais poser pour lui. Beck, un Hollandais au nez rouge et spongieux, \u00e9l\u00e8ve de Van Dyck, fait preuve d\u2019une insistance qui confine \u00e0 l\u2019impertinence et vous assomme de ses incessantes r\u00e9p\u00e9titions. Il a sorti une mallette de sachets de couleurs pour me faire voir les mati\u00e8res avec lesquelles il travaille, il a voulu m\u2019illustrer les qualit\u00e9s de chacune et m\u00eame tenu \u00e0 me les faire flairer\u00a0: son outremer, qui vient de Bruges, est le meilleur du monde, tant il est vrai que c\u2019est celui dont use Poussin\u00a0; il fait venir son rouge de Tunisie, il moud son blanc lui-m\u00eame et la tonalit\u00e9 qu\u2019il obtient serait parfaite, dit-il pour rendre ma chemise\u00a0; ses huiles, enfin, sont fluides et l\u00e9g\u00e8res, et ses pinceaux, qu\u2019il a port\u00e9s \u00e0 mon visage presque jusqu\u2019\u00e0 m\u2019en fourrer les narines, les plus souples et sensibles qui se puissent trouver.\u00a0\u00bb p.137<\/i><\/p>\n<p><b>Critiques<\/b><\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0En septembre 1649, Ren\u00e9 Descartes quitte la Hollande pour se rendre \u00e0 Stockholm o\u00f9,\u00a0 invit\u00e9 par la reine Christine, il passera les derniers mois de sa vie (il meurt en f\u00e9vrier 1650). Peu habitu\u00e9 au froid de l\u2019hiver scandinave, le grand philosophe se rend compte tr\u00e8s vite de l\u2019inutilit\u00e9 de ce voyage aupr\u00e8s d\u2019une jeune reine volubile et d\u00e9daigneuse. Confront\u00e9 \u00e0 la solitude et aux intrigues de\u00a0la cour, il trouvera un peu de de r\u00e9confort dans son amiti\u00e9 avec un peintre espagnol et dans sa correspondance avec la fascinante Elisabeth de Boh\u00eame. Surtout, bien que s\u00e9\u00e7u et inquiet , il continue de r\u00e9fl\u00e9chir jusqu\u2019\u00e0 son dernier souffle aux passiosn qui affectent l\u2019\u00e2me des hommes. Pour sa premi\u00e8re incursion dans la fiction, Raffaele Simone \u2013 connu en France pour son percutant essai Le Monstre doux (Gallimard, 2010) \u2013 choisit un savant et tr\u00e8s original motage \u00e9pistolaire \u00e0 plusieurs voix. En faisant alterner la vraie correspondance de l\u2019auteur du Discours de la m\u00e9thode\u00a0 avec des lettres apocryphes et des pages de journaux intimes, le linguiste italien r\u00e9alise un v\u00e9ritable tour de force stylistique.\u00a0<\/i><\/p>\n<p>Les Passions de l\u2019\u00e2me <i>est un roman ambitieux, riche et \u00e9l\u00e9gant, qui propose un regard original sur Descartes, mais aussi une r\u00e9flexion subtile sur les relations entre culture et pouvoir.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>Fabio Gambaro, <b>Le Monde des Livres\u00a0<\/b><\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0Christine et Ren\u00e9, un malentendu bor\u00e9al<\/i><\/p>\n<p><i>(\u2026) En \u00e9voquant sous la forme d\u2019un roman \u00e9pistolaire particuli\u00e8rement brillant la rencontre entre la reine et le philosophe, rencontre r\u00e9duite \u00e0 quelques conversations tr\u00e8s matinales (\u00e0 cinq heures du matin\u00a0!) pendant l\u2019automne 1649 et le d\u00e9but de l\u2019hiver 1649-1650, sous le regard soup\u00e7onneux d\u2019espions plus ou moins malveillants (le ch\u00e2teau tout entier semble panoptique, o\u00f9 les moindres faits et gestes sont enregistr\u00e9s et rapport\u00e9s \u00e0 qui de droit), il donne une image extraordinairement vivante de cette impossible amiti\u00e9.\u00a0<\/i><\/p>\n<p><i>(\u2026) Parce qu\u2019il conna\u00eet bien la peinture, le romancier italien imagine une amiti\u00e9 en revanche tr\u00e8s sinc\u00e8re et profonde avec un artiste espagnol venu peindre des fresques consacr\u00e9es aux amours de Zeus. Descartes et la reine Christine furent en effet abondamment repr\u00e9sent\u00e9s par des peintres (de frans hals \u00e0 S\u00e9bastien Bourdon). Des lettres \u00e0 Elisabeth de Boh\u00eame, le journal (fictif) de Descartes, des lettres de Mme Chenut, la femme de l\u2019ex-ambassadeur de France, ou de pr\u00eatres, savants et philosophes, compl\u00e8tent le r\u00e9cit, ainsi que quelques missives de la reine \u00e0 son amie de c\u0153ur, Ebba Sparre, et \u00e0 quelques confidents.\u00a0\u00bb\u00a0<\/i><\/p>\n<p>Ren\u00e9 de Ceccaty,<b> L\u2019Humanit\u00e9<\/b>, 10\/10\/2013<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Raffaele Simone<br \/>\n<strong>Italie<\/strong><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3295,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[315],"tags":[],"genre":[459],"annees":[469],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2718"}],"collection":[{"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2718"}],"version-history":[{"count":7,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2718\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4961,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2718\/revisions\/4961"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3295"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2718"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2718"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2718"},{"taxonomy":"genre","embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fgenre&post=2718"},{"taxonomy":"annees","embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fannees&post=2718"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}