{"id":2715,"date":"2014-10-01T21:49:39","date_gmt":"2014-10-01T20:49:39","guid":{"rendered":"http:\/\/livre-europeen.eu\/new2014\/?p=2715"},"modified":"2019-02-13T13:10:16","modified_gmt":"2019-02-13T12:10:16","slug":"la-main-de-joseph-castorp","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/livre-europeen.eu\/?p=2715","title":{"rendered":"La main de Joseph Castorp"},"content":{"rendered":"<h3>Joao Ricardo Pedro<\/h3>\n<p><b>Informations g\u00e9n\u00e9rales<\/b><\/p>\n<p>224 pages<br \/>\n<i>Editions Viviane Hamy<br \/>\n<\/i>2013<\/p>\n<p><b>Biographie de l\u2019auteur<\/b><\/p>\n<p><b>Jo\u00e3o Ricardo Pedro<\/b>, n\u00e9 pr\u00e8s de Lisbonne en 1973, \u00e9tait ing\u00e9nieur dans les t\u00e9l\u00e9communications. Il commen\u00e7a \u00e0 \u00e9crire quand il fut licenci\u00e9. <i>La Main de Joseph Castorp<\/i> est son premier roman, il a obtenu le Prix LeYa 2011, l&rsquo;un des plus prestigieux du Portugal o\u00f9 il a d\u00e9j\u00e0 s\u00e9duit de nombreux lecteurs. Le reste de l&rsquo;Europe d\u00e9couvre, \u00e0 son tour, un tr\u00e8s grand \u00e9crivain.<\/p>\n<p><b>Pr\u00e9sentation de l\u2019\u00e9diteur<\/b><\/p>\n<p>Tout commence au lever du soleil.<\/p>\n<p>Dans un village portugais au nom de mammif\u00e8re, un homme arm\u00e9 dispara\u00eet. Au m\u00eame moment, \u00e0 Lisbonne, le vent tourne : la r\u00e9volution des \u0153illets met fin \u00e0 la dictature.<br \/>\nMais o\u00f9 a pu se rendre l&rsquo;insaisissable Celestino ? Le docteur Augusto Mendes d\u00e9tient probablement la cl\u00e9 de l&rsquo;\u00e9nigme qui nous m\u00e8nera jusqu&rsquo;en Argentine en passant par Vienne et d&rsquo;autres villes d&rsquo;Europe. Les lecteurs suivront, fascin\u00e9s, l&rsquo;histoire de ce dernier et celle de sa famille, en commen\u00e7ant par Antonio, son fils, revenu traumatis\u00e9 de ses deux missions en Angola ; puis Duarte, son petit-fils, pianiste surdou\u00e9, qui incarne tous les espoirs de ses proches et se livre aux fac\u00e9ties de la jeunesse&#8230;\u00a0 <i>La Main de Joseph Castorp <\/i>est le portrait d&rsquo;une famille marqu\u00e9e par les ann\u00e9es de tyrannie salazariste, la r\u00e9pression et la guerre coloniale. Ses secrets, ses myst\u00e8res, ses joies se dessinent au rythme de l&rsquo;Histoire, tragique parfois, somptueuse toujours, du Portugal, et composent une symphonie inoubliable.<\/p>\n<p><b>Extraits<br \/>\n<\/b><i>\u00ab\u00a0Une chose semblait certaine : le vingt-cinq avril mille neuf cent soixante-quatorze, bien avant sept heures du matin, Celestino attacha sa cartouchi\u00e8re \u00e0 sa taille, mit son Browning en bandouli\u00e8re, v\u00e9rifia son tabac et le papier \u00e0 cigarettes, oublia sa montre accroch\u00e9e au clou qui retenait \u00e9galement un calendrier, et sortit. Le ciel commen\u00e7ait \u00e0 s&rsquo;\u00e9claircir. Ou peut-\u00eatre pas. En plus des mouillettes au caf\u00e9 au lait, Celestino s&rsquo;\u00e9tait envoy\u00e9 sans mal deux gorg\u00e9es de gn\u00f4le. La premi\u00e8re, pour les aigreurs d&rsquo;estomac. La seconde, pour les pens\u00e9es cafardeuses, car c&rsquo;\u00e9tait, comme le sugg\u00e9rait toute sa physionomie, un homme enclin aux m\u00e9lancolies prolong\u00e9es.<\/i><\/p>\n<p><i><br \/>\nAux environs de onze heures du matin, ceux qui vivaient au rythme de la cruelle arithm\u00e9tique des boisseaux, clisses, moissons, lunaisons, du paludisme, des mar\u00e9es et des gel\u00e9es n&rsquo;avaient encore ressenti aucun vent de changement. Dans les champs, hommes et mules d\u00e9chiraient la terre en d&rsquo;irr\u00e9pr\u00e9hensibles g\u00e9om\u00e9tries, pendant que dans la p\u00e9nombre des \u00e9tables, berc\u00e9es par des litanies que tissaient seules leurs l\u00e8vres, les femmes remplissaient les mangeoires des porcs, des ch\u00e8vres, de leurs enfants. Et si quelqu&rsquo;un avait eu le culot d&rsquo;interrompre leurs p\u00e9nibles besognes pour leur annoncer qu&rsquo;en ce moment pr\u00e9cis le pr\u00e9sident du Conseil des ministres du Portugal se trouvait retranch\u00e9 dans une caserne de Lisbonne, encercl\u00e9 par des soldats qui exigeaient sa reddition, il aurait s\u00fbrement obtenu, en guise de r\u00e9ponse, un regard d&rsquo;une indiff\u00e9rence absolue.[\u2026]<\/i><\/p>\n<p><i>Quand dona Laura vit la maison se remplir de bouches \u00e0 nourrir &#8211; et pressentit que cette histoire de coup d&rsquo;\u00c9tat \u00e9tait une affaire qui prendrait du temps -, elle se h\u00e2ta en direction de la basse-cour, d&rsquo;o\u00f9 elle revint armes et cadavres \u00e0 la main, avec les deux premi\u00e8res victimes de la r\u00e9volution. Et deux heures de l&rsquo;apr\u00e8s-midi n&rsquo;avaient pas encore sonn\u00e9 lorsque, dans un exercice ostensible de pouvoir, comme si elle voulait clairement afficher que quoi qu&rsquo;il se pass\u00e2t dans le pays, l\u00e0, \u00e0 la maison, tout resterait pareil, elle d\u00e9brancha la radio et la t\u00e9l\u00e9vision, ouvrit les portes-fen\u00eatres qui donnaient sur le jardin et annon\u00e7a que la canja \u00e9tait servie.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p><b>Critiques<\/p>\n<p><\/b><i>\u00a0\u00ab\u00a0Le jour o\u00f9 Celestino dispara\u00eet est celui o\u00f9 le Portugal, dans la stupeur, apprend ce qu&rsquo;on appellera un jour la \u00abr\u00e9volution des \u0153illets\u00bb. Il y a forc\u00e9ment un rapport. Le premier roman de Joao Ricardo Pedro, publi\u00e9 l&rsquo;an dernier, et qui a consacr\u00e9 son auteur comme une des nouvelles grandes voix de la litt\u00e9rature lusophone, pourrait se lire comme une mani\u00e8re de diff\u00e9rer ind\u00e9finiment la r\u00e9ponse \u00e0 cette question, tout en y r\u00e9pondant, de fait, par une remont\u00e9e dans quarante ann\u00e9es de m\u00e9moire familiale et d&rsquo;histoire nationale. Et le lecteur, d\u00e9finitivement envo\u00fbt\u00e9 par le diabolique Joao Ricardo Pedro, de se cramponner au livre en courant jusqu&rsquo;\u00e0 la fin, en esp\u00e9rant que lui sera longtemps conserv\u00e9 le plaisir de l&rsquo;attente.<\/i>\u00bb<b> <\/b>Alain Nicolas, <b>L&rsquo;Humanit\u00e9<\/b>, 22\/08\/2013<\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0Jo\u00e3o Ricardo Pedro (n\u00e9 en 1973) signe ici un superbe premier roman, charnel et profond, o\u00f9 les p\u00e9rip\u00e9ties des guerres et de la politique marquent les hommes, les font avancer ou les enterrent dans le silence des vies oubli\u00e9es.\u00a0\u00bb<\/i><b> <\/b>Gilles Heur\u00e9,<b> T\u00e9l\u00e9rama<\/b>, 2\/10\/2013<\/p>\n<p><b>\u00ab\u00a0<\/b><i>On dirait le Sud. Le d\u00e9but de <\/i>La Main de Joseph Castorp<i>, premier roman du Portugais Jo\u00e3o Ricardo Pedro, litt\u00e9rairement, rend un son familier. Sur le ton de la chronique, \u00abun petit village au nom de mammif\u00e8re, coinc\u00e9 au pied de la montagne de Cardunha\u00bb vaque \u00e0 ses affaires de village, cependant que la patrie vire de bord. Les militaires font tomber le gouvernement de Marcelo Caetano. Nous sommes le 25 avril 1974, les \u00e9v\u00e9nements passeront \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 sous le nom de R\u00e9volution des \u0153illets. Dans la noble demeure du docteur Augusto Mendes, on s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 la politique, en termes imag\u00e9s&#8230;En r\u00e9alit\u00e9, Jo\u00e3o Ricardo Pedro a une mani\u00e8re de nous faire perdre le nord qui n&rsquo;appartient qu&rsquo;\u00e0 lui&#8230; Parfois, Jo\u00e3o Ricardo Pedro (un ing\u00e9nieur qui s&rsquo;est mis \u00e0 \u00e9crire quand il s&rsquo;est retrouv\u00e9 au ch\u00f4mage) s&rsquo;amuse avec le temps : la vie enti\u00e8re de la grand-m\u00e8re contract\u00e9e en quatre pages. Et en dix, dilat\u00e9e heure par heure, par le menu, une journ\u00e9e dans la vie de la m\u00e8re de Duarte. Un regard de chat, probablement.\u00a0\u00bb<\/i><b> <\/b>Claire Devarrieux, <b>Lib\u00e9ration<\/b>, 31\/10\/2013<\/p>\n<p><b>\u00ab\u00a0<\/b><i>Une fresque pointilliste du Portugal actuel, aux prises avec les fant\u00f4mes de son pass\u00e9&#8230;<br \/>\nDans ce premier roman, con\u00e7u comme un puzzle o\u00f9 chaque chapitre a la stricte \u00e9conomie d&rsquo;une nouvelle, Joao Ricardo Pedro ose, \u00e0 travers le regard de trois g\u00e9n\u00e9rations de Mendes, une fresque pointilliste du Portugal contemporain, d\u00e9chir\u00e9 entre les fant\u00f4mes du pass\u00e9 et un pr\u00e9sent qui n&rsquo;existe que s&rsquo;il parvient \u00e0 les mettre \u00e0 distance&#8230; Jamais dissip\u00e9es, les zones d&rsquo;ombre sont le moteur d&rsquo;une intrigue dont les rebondissements ont des allures de pi\u00e8ges borg\u00e9siens, sc\u00e9naris\u00e9s pour un Bu\u00f1uel moderne. La geste \u00e9tonnante, n\u00e9e du banal le plus cru pour camper une identit\u00e9 aussi tortur\u00e9e qu&rsquo;imp\u00e9rieuse, fait de cette <\/i>Main de Joseph Castorp<i> un roman envo\u00fbtant. Les connexions qui s&rsquo;\u00e9tablissent d\u00e9gagent une \u00e9nergie brute dont chacun re\u00e7oit le choc sans pr\u00e9caution. Mais sit\u00f4t le livre fini, m\u00eame s&rsquo;il sait qu&rsquo;il n&rsquo;y trouvera pas de rassurants d\u00e9nouements, le lecteur n&rsquo;a qu&rsquo;une envie : replonger dans l&rsquo;\u0153uvre, tant l&rsquo;\u00e9crivain sait rendre cette vision litt\u00e9raire du Portugal moins une \u00e9nigme qu&rsquo;une all\u00e9gorie in\u00e9puisable.\u00a0\u00bb<\/i><b> Philippe-Jean Catinchi, Le Monde, 14\/11\/2013<\/b><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Joao Ricardo Pedro &#8211; Portugal<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3417,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[313],"tags":[],"genre":[459],"annees":[469],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2715"}],"collection":[{"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2715"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2715\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3418,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2715\/revisions\/3418"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3417"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2715"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2715"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2715"},{"taxonomy":"genre","embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fgenre&post=2715"},{"taxonomy":"annees","embeddable":true,"href":"http:\/\/livre-europeen.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fannees&post=2715"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}